Ce qui n’était au début qu’une manière de rentabiliser une partie de l’habitation familiale inutilisée, a laissé la place, dans certaines villes, à un véritable business. Avec Marie-Esther Poivre, première suppléante Ecolo, nous avons voulu en savoir plus sur l’état des lieux des logements touristiques de courte durée à Mons (Airbnb, Booking, Expedia…).
En Wallonie, les logements touristiques de courte durée connaissent une croissance notable. En 2019
par exemple, on comptait 19.000 offres disponibles sur différentes plateformes comme Airbnb alors que
seuls 3237 hébergements étaient reconnus officiellement comme touristiques par la Commissariat
Général au Tourisme. De plus, une étude montre qu’entre 2018 et 2021, le nombre de nuitées en Wallonie
pour des locations de courte durée a augmenté significativement (de 1.28 à 2.36 millions).
Bien que ces logements soient une opportunité économique pour leurs propriétaires et des
options de logement flexibles pour les voyageurs, ils peuvent poser une série de problèmes pour les
communes:
- Difficulté pour contrôler les normes de sécurité
- Réduction de l’offre de logements résidentiels
- Augmentation des loyers et du prix de l’immobilier
- Difficulté d’accès à un logement à loyer accessible pour les jeunes travailleurs
- Désertification et baisse de dynamisme des quartiers
- Déséquilibre avec l’hôtellerie traditionnelle
- …
Mons en tant que destination touristique importante n’échappe pas à la règle et on voit fleurir un peu
partout des logements de ce type. Dernièrement encore, une enquête publique figurait sur le site de la
Ville de Mons pour diviser une maison unifamiliale en trois logements à destination touristique.
Vu l’importance de préserver un équilibre entre les besoins des habitants locaux, la protection des quartiers et les avantages économiques liés au tourisme, j’ai donc interpelé le Collège en séance du Conseil communal du 19 décembre pour savoir si la Ville de Mons avait une vue de la réalité montoise des logements touristiques de courte durée, si le secteur hôtelier était en difficulté par rapport à ça et quels étaient les moyens à disposition des communes pour encadrer et réguler la pratique.
Dans sa réponse, la Collège a confirmé qu’il n’existait malheureusement pas d’état des lieux exhaustif des logements touristiques de courte durée et que cette offre de logement peut s’avérer parfois inquiétante pour les autorités publiques locales:
- Spéculation immobilière v/s économie collaborative
- Impact sur les loyers du parc résidentiel
- Risque d’insécurité par manque de contrôle (attestation de sécurité incendie, certificat de bonne vie et mœurs, assurance responsabilité civile…)
- …
Bien qu’en Wallonie, le Code Wallon du Tourisme impose à toute personne qui propose un hébergement touristique à la location de se déclarer auprès du Commissariat Général au Tourisme, ceux-ci ne sont pas tous répertoriés par les autorités compétentes. La déclaration est pourtant essentielle car elle permet justement de renforcer la sécurité des touristes. Il s’agit donc d’un défi auquel la majorité se doit de répondre.
Retrouvez l’interpellation complète et la réponse du Collège via ce lien à 8h59min ainsi que l’article de la DH ici.
