Le 8 juin 2026, un violent incendie s’est déclaré sur le site du broyeur à métaux d’Obourg dégageant d’épaisses fumées noires qui ont provoqué l’inquiétude légitime de nombreux riverains et des autorités locales. Si le broyeur d’Obourg est situé sur notre territoire, c’est bien la Région wallonne qui encadre et contrôle ses activités. Pour rassurer les habitants, nous demandons plus de contrôles, de transparence et de sécurité!
J’ai interpellé le Collège communal de la Ville de Mons à ce sujet en séance le 25 juin dernier. Voici la réponse des autorités locales donné par l’Echevine de l’Environnement :
Monsieur le Conseiller,
Avant toute chose, je souhaite avoir une pensée pour les habitants d’Obourg et des villages voisins qui ont vécu une nouvelle nuit d’inquiétude le 8 juin dernier. Les images de l’incendie, le panache de fumée visible à plusieurs kilomètres et les interrogations concernant les conséquences pour la santé et l’environnement ont suscité des inquiétudes légitimes auxquelles les autorités doivent répondre avec sérieux, transparence et responsabilité.
Dès les premières heures suivant l’incident, la Ville s’est mobilisée afin de s’assurer que toutes les informations utiles puissent être recueillies et relayées à la population.
Nous avons suivi l’évolution de la situation en lien avec les services de secours et les autorités régionales compétentes. Un courrier a également été adressé à l’exploitant afin d’obtenir des informations détaillées concernant les analyses réalisées, les impacts environnementaux potentiels, la gestion des eaux d’extinction ainsi que les mesures envisagées pour éviter qu’un tel événement ne se reproduise.
Par ailleurs, la Ville a sollicité des éclaircissements complémentaires auprès des autorités régionales afin de disposer des éléments les plus complets possibles concernant les conséquences environnementales et sanitaires de cet incendie. Enfin, nous avons relayé vers la population les informations validées par les autorités compétentes tout en veillant à ne pas diffuser d’informations qui n’auraient pas encore été confirmées.
Deux semaines après les faits, plusieurs éléments peuvent aujourd’hui être établis.
L’incendie a concerné un stock d’environ 400 tonnes de véhicules hors d’usage pré-broyés et dépollués, en attente de broyage complet. Selon les informations communiquées par l’exploitant, les enregistrements des caméras de surveillance laissent fortement penser à la présence accidentelle d’une batterie au lithium dans les déchets entrants. Les images montrent un départ de feu soudain, extrêmement localisé dans un premier temps, accompagné d’une importante colonne de fumée blanche, un scénario cohérent avec l’auto-inflammation d’une batterie lithium. Le rapport officiel d’incident de l’exploitant est toutefois toujours attendu.
L’intervention a mobilisé d’importants moyens : les équipes internes de Comet, la zone de secours Hainaut-Centre, la Protection civile de Crisnée ainsi que la police de Mons-Quévy. Tous les intervenants soulignent la qualité de la coordination entre les différents services, ce qui a permis de maîtriser l’incendie et d’éviter des conséquences plus importantes encore.
Concernant l’environnement et la santé publique, des prélèvements atmosphériques ont été réalisés dans les villages situés dans l’axe du panache de fumée. Selon les informations communiquées par le Ministre Yves Coppieters au Parlement wallon le 16 juin dernier, les investigations portent notamment sur les matières particulaires, les métaux et les composés organiques volatils. L’ISSeP travaille sur ce dossier avec l’appui de la Cellule d’Appui aux Situations d’Urgence et de l’INERIS.
À ce stade, les résultats analytiques complets ne sont pas encore disponibles. Il n’est donc pas possible de conclure définitivement sur l’ampleur exacte des retombées environnementales. C’est précisément pour cette raison que nous avons choisi de communiquer avec prudence et de nous appuyer sur les analyses scientifiques plutôt que sur des suppositions.
En matière de santé publique, aucun impact aigu sur la population n’a été objectivé à ce jour. Par mesure de précaution, il a toutefois été recommandé aux riverains de nettoyer les surfaces exposées et de laver les fruits et légumes issus des productions locales.
Concernant les eaux d’extinction, celles-ci ont été intégralement confinées dans le bassin de rétention du site. Aucun risque pour les captages d’eau potable n’a été identifié. Les eaux font l’objet d’un suivi spécifique et sont traitées avant rejet.
J’entends la demande exprimée dans votre interpellation concernant l’information et l’accompagnement des citoyens. La première responsabilité des autorités est de mettre à disposition une information fiable, actualisée et scientifiquement fondée. La Ville continuera donc à communiquer les résultats des analyses et les conclusions des autorités compétentes dès qu’ils seront disponibles.
Enfin, cet événement met une nouvelle fois en lumière un enjeu qui dépasse largement le seul site d’Obourg : la multiplication des incidents liés aux batteries au lithium présentes dans les flux de déchets. À la suite des démarches entreprises, une réunion de travail réunissant les autorités publiques et les acteurs de la filière se tiendra le 29 juin prochain au cabinet du Ministre Coppieters afin d’identifier des mesures concrètes pour renforcer la prévention.
Notre responsabilité collective est aujourd’hui de tirer tous les enseignements de cet incendie, de suivre avec rigueur les résultats des analyses en cours et de veiller à ce que la santé des habitants, la transparence de l’information et la prévention des risques restent au cœur des décisions qui seront prises.
